UNIR POUR DEVELOPPER

UNIR POUR DEVELOPPER

LES RUPTURES A OPERER IMMEDIATEMENT POUR NOTRE DEVELOPPEMENT

LES  RUPTURES A OPERER IMMEDIATEMENT POUR NOTRE DEVELOPPEMENT

 

Chers compatriotes Béninoises et Béninois, Africaines et Africains, après vous avoir exposé ma philosophie et mon engagement patriotique et politique, je vous appelle à opérer immédiatement des ruptures fondamentales et vitales pour sortir le Bénin et l’Afrique du sous- développement que nous ne méritons pas.

1-     Rupture au niveau mental

Chaque  être humain est le produit de son mental. L’homme ou la femme est le produit de son système mental. L’Africain ignore qu’il est programmé mentalement à se considérer mineur, inférieur aux autres du fait simplement qu’il soit africain, avec la couleur noire de sa peau, il s’imagine incapable de tout sans l’aide des autres. J’appelle chaque Béninoise, chaque Béninois, chaque Africaine et chaque Africain à s’auto déprogrammer au  plan mental sachant ceci : tu n’es pas un incapable inné, tu n’es pas un condamné à être sous les autres, ton destin n’est pas de dépendre des autres. Lève-toi et sors de ton infériorité, de ton incapacité imaginaire pour reconquérir toi-même, pour redevenir toi-même, pour enfin croire en toi-même. Sois toi-même, cesse d’imaginer que tu seras  l’autre, cesse de singer le Blanc, lève-toi de ton inertie et romps avec cette personnalité aliénée et incapable. Tu es un "anthropos" c’est-à-dire l’Homme, l’être qui regarde devant lui, qui regarde en haut, donc qui espère et qui est différent de l’animal (zoo) qui ne regarde qu’en bas. Tu dois regarder devant toi, ouvres tes yeux et regarde vers l’avenir, cesse d’être myope, cesse d’être nombriliste. Cesse de regarder que ton ventre, lève ta tête et sois dans l’avenir. L’Africain refuse d’être dans l’avenir, il conjugue tout au présent. Non ! L’avenir appartient à ceux qui sont capables de s’y projeter. Cesse d’aliéner ton esprit et sors de l’otage de l’incapacité. Cesse de croire que tu n’es pas capable, que tu ne seras pas capable. C’est faux ! Tu es capable, lève-toi de la pensée déshumanisante des autres. Tu es capable, répète-le sans cesse à toi-même et agis maintenant pour réaliser ton devenir merveilleux, tout dépend de toi, de la perception que tu as de toi-même, découvre-toi toi-même avec tout ton potentiel et lance-toi.

2-     Rupture au niveau idéologique

Si la rupture au niveau mental est réellement opérée, la rupture au niveau idéologique est automatique. Que l’on veuille ou non, toute vie humaine est le reflet d’une idéologie intime à son être. L’idéologie commune des Africains est qu’ils se conçoivent pauvres, incapables, inférieurs, en dessous de l’homme blanc. Toute son existence est qu’il arrive à ressembler au Blanc, son idéal, en conséquence il se méprise au point où il cherche à dépigmenter sa peau pour en modifier la couleur. Dans son imagination, l’homme blanc est très proche de Dieu, il est le génie conté par les ancêtres. Cette posture est simplement de la bassesse induite par la rencontre coloniale soutenue par certaine perversion socioculturelle et religieuse. Le progrès en matière de la science a fait du Blanc dans l’imaginaire africain qu’il est plus proche de Dieu. Comment le diable est-il imaginé et dessiné ? Il est toujours dessiné en noir et Dieu dessiné en blanc. Tout cela se fait tout comme si Dieu et le diable ont une couleur. Et comme le diable est peint en noir, cette couleur est celle de la bassesse, celle de l’esclave. La couleur noire qui est en réalité la somme de toutes les couleurs est perçue comme la couleur de la bassesse, la couleur des sous-hommes. Et c’est pourquoi, en toute chose, face aux autres,  l’homme noir s’imagine et s’aperçoit qu’il ne peut s’égaler au Blanc, son subconscient lui chuchote qu’il n’est qu’un mineur. Levons-nous et rompons définitivement avec cette idéologie de bassesse pour nous dépasser, nous vaincre et surtout nous accorder la valeur complète de l’être humain pour nous réaliser. Quittons ce monde imaginaire et irréel pour nous  affirmer sans ambages, en toute chose, égaux à tous les autres.

 

 

3-     Rupture au niveau éducatif

 

 

De l’école coloniale à celle de nos jours, il n’y a pas de grande différence. Au temps colonial, l’éducation scolaire donnait lieu à l’enseignement général  en abondance et très peu de formations destinées aux  métiers de créations. Les métiers auxquels les gens étaient appelés étaient essentiellement ceux de secrétaire, d’enseignant, etc. Malgré l’indépendance, nous avons continué à créer mille collèges d’enseignement général pour très peu d’école de métiers et quels métiers encore!  J’appelle à la rupture avec ce système d’enseignement général dans lequel les enfants évoluent jusqu’en terminale et en réalité ils n’ont rien terminé, ils savent rien faire en dehors de lire et écrire dans la langue des colonisateurs. D’autres vont jusqu’à obtenir leur maîtrise qu’ils soutiennent avec brio et en réalité ils n’ont rien maîtrisé dans le sens de création pour résoudre des problèmes de développement local, ils se consacrent au « ZEMIDJAN »  "conducteur de taxi moto". C’est déplorable, car nos universités au Bénin déversent 15000 étudiants par an pour un devenir incertain, ils ne sont pas capables de se créer un emploi décent, ils ne sont pas entrepreneurs, ils sont des demandeurs d’emploi, ils sont des chômeurs, c’est regrettable ! Nous devons rompre avec ce processus de sous-développement, si nous ne rompons pas avec ce système pernicieux, nous avons choisi sciemment assassiner les jeunes générations et l’avenir du Bénin et de l’Afrique. Nous devons renverser l’ordre des choses : transformer 90% des collèges d’enseignement général en école de métier où nous devons développer un nouveau système éducatif pour le développement, un système capable de rendre les apprenants curieux, créateurs et entrepreneurs. Ils doivent acquérir des savoirs et savoir-faire en matière de transformations aux plans alimentaire, agroalimentaire, sanitaire, vestimentaire, culturel, sécuritaire, etc.  Le Bénin et l’Afrique seront alors l’espace des génies créateurs, inventeurs et entrepreneurs. Nous devons modifier le système éducatif en deux points stratégiques : le contenu et la méthode. Au niveau du contenu, nous devons tenir compte de nos réalités et surtout de notre besoin en développement. Pour plus de détail, l’éducation va conduire les apprenants à interroger les réalités de chez nous, à interpeller nos problèmes de développement, à chercher à savoir le pourquoi des choses afin de réfléchir au comment résoudre tel ou tel problème. Par exemple, les abeilles constituent une richesse sur les autres continents, mais en Afrique leur agressivité est une limite à leur valorisation, il revient aux biologistes d’en étudier les raisons et de penser à une sélection voire une insémination artificielle. L’igname, le manioc, la patate douce sont des tubercules faciles à reproduire à grande échelle pour en faire du pain, des biscuits, etc.  En ce qui concerne la méthode, notre système décourage l’enfant et surtout celui qui n’a pas encore de grande volonté. Le redoublement, le renvoi et le faible salaire des éducateurs sont des puissants obstacles à une bonne éducation en Afrique. Quand nous obtenons 35% de réussite au Bac, nous croyons avoir de bon résultat, ce n’est pas vrai. Je propose que tout examen soit comparé à la montée sur un arbre à dix branches, le but est de monter jusqu’à toucher la dixième branche. Ceux qui vont monter jusqu’à un niveau et ne pourront pas aller plus loin doivent reprendre la montée à partir de la branche au niveau de laquelle ils sont essoufflés, ils ne doivent pas descendre pour recommencer à zéro. Mais c’est justement ce que nous faisons avec notre système éducatif actuel : tous ceux qui n’ont pas obtenu la moyenne indiquée pour réussir à l’examen sont renvoyés à l’année suivante. Nombreux abandonnent et on dirait que les enseignants en sont insensibles. Pour contourner cet aspect négatif du système éducatif, les élèves des terminales ont choisi une stratégie avec la complicité de leurs parents pour faire une deuxième inscription dans un autre pays de la sous région afin de tenter deux fois le Bac la même année. Mais curieusement, nos Etats ont étouffé cette stratégie en programmant le Bac au même jour dans la sous région. Sincèrement nous ne savons pas où nous allons. Nos Etats empêchent alors le progrès de nos enfants, ils  nous ont pris en otage. Nous devons revoir le système éducatif et permettre plusieurs fois le même examen dans la même année pour favoriser la réussite de l’ensemble des élèves, nous ne devons avoir aucun qui redouble. Mais comment faire ? Nous ferons les examens en mai, ceux qui ont échoué auront deux mois avec leurs professeurs pour réviser les matières dans lesquelles ils ont échoué et ils ne reprendront l’examen que dans ces matières deux mois après (fin juillet). Ceux qui auront échoué dans cette deuxième session reprendront l’examen un mois après (en fin août ou mi-septembre), la dernière vague devra passer une dernière session à la fin du premier mois de la rentrée ou un peu avant, ils doivent commencer la classe supérieure avec leurs camarades. Ceux qui auront échoué à cette dernière session rencontreront un psychologue qui doit chercher à savoir pourquoi un tel blocage.   Révolutionnons notre système éducatif pour une véritable révolution culturelle, préalable à toute révolution industrielle. Nous le pouvons, levons-nous et agissons et notre pays le Bénin sera développé en moins d’un quart de siècle. OSONS INVENTER NOTRE DEVENIR!

 

 

4-      Rupture au niveau de la perception de l’autre

 

 

Qui est l’autre ? On dit généralement que l’altérité fait peur. Mais l’autre n’est-il pas notre frère, notre sœur ? Dans notre contexte, l’autre est appelé l’étranger et il est perçu parfois comme un problème pour soi. Non, au-delà de la fraternité, l’autre n’est pas notre problème. Rompons avec cette perception négative de l’autre. En réalité, l’autre est ou sera certainement  tôt ou tard une opportunité pour nous. Considère l’autre et tu verras qu’un jour, il ou elle sera  ton aide dans une situation. L’autre est une opportunité et non un problème, non plus un obstacle. Ouvrons nos yeux autrement et considérons l’autre comme notre aide, notre future opportunité. Même si l’autre est un problème, notre capacité à le percevoir autrement l’influence et l’amènera à se transformer pour devenir notre opportunité. Et c’est réciproque. Osons et nous verrons les résultats encourageants.

 

 

5-     Rupture au niveau de la perception de la femme en Afrique

 

 

L’autre problème, en Afrique comme au Bénin, est la perception que nous avons de la femme. Nous considérons la femme comme un être incapable inné. Nous nous trompons. En réalité, la femme a plus d’attitude pour réussir en toute chose et partout, nos Rois d’Abomey le savaient, c’est pourquoi le corps d’armée des Amazones du Dahomey était destiné à aller au cœur du combat, le colonel DODDS en savait quelque chose. Nous devons donner confiance aux femmes et les valoriser efficacement. La femme détient des capacités extraordinaires, c’est un potentiel négligé malheureusement en Afrique. Valorisons la femme, et nous serons surpris du progrès extraordinaire que nous ferons. Elles sont égales à nous les hommes, en toute chose, changeons de perception et nous serons étonnés du rôle positif de la femme dans notre développement. Pour preuve, c’est grâce à trois femmes que je suis celui que je suis : ma chère mère qui s’est donnée tous les sacrifices pour ma réussite socioculturelle et scolaire ; ma bienfaisante tutrice Elisabeth Streng qui m’a toujours compris et soutenu ;  puis  ma chère épouse sans laquelle je ne pouvais faire des études dans des universités isolées de l’Afrique. La femme détient une puissance que nous sous-estimons. Rompons avec cette perception pour hâter notre développement. Si nous développons la femme, nous serons développés à une grande vitesse.

 

6-     Rupture au niveau de la perception des problèmes

 

L’Africain ou le Béninois ne perçoit et ne conçoit les problèmes qu’en tant que des obstacles. Rompons avec cette vision des problèmes. Chaque problème est une opportunité, une belle occasion qui t’appelle à te dépasser pour grandir. En réalité, les problèmes sont bienvenus. Chaque épisode de problèmes est un facteur de progrès et de croissance de la confiance en soi. Le temps du problème est difficile à traverser, le problème fait mal et semble ronger l’âme, mais en toute sincérité, c’est celui qui a rencontré plus de problèmes qui devient un être accompli, un être fort, mentalement fort, déterminé, courageux, endurant, audacieux et surtout inventeur. L’invention est toujours la solution que quelqu’un  a trouvée à un problème. Quand on fait face à un problème, on est en territoire d’invention, les fonctions inventives, c’est-à-dire créatives,  s’activent chez celui qui aime se dépasser, prendre de la hauteur face aux obstacles. Pour inventer, ne cherchez pas loin, regardez au-delà de la vision commune tout ce qui pose problème autour de vous. Tout être humain est un génie, mais peu de gens profitent du potentiel qu’ils détiennent, ceux-là voient toujours les problèmes comme venant pour leur causer des échecs, ils oublient que même l’échec est le solide lit de la réussite avec couronne. C’est celui qui a traversé le cœur du combat qui mérite un grade : la couronne, les honneurs. Le problème est le facteur par excellence du développement de l’homme, il développe de bonnes attitudes en nous. Aucun problème quel qu’il soit n’arrive pour te détruire, au contraire c’est pour te construire, pour te rendre plus fort dans cette vie où chaque jour est un combat. Cessons de nous lamenter sur nos problèmes, prenons avec un vaillant cœur toute situation complexe et transformons tout problème en opportunité pour notre développement. Le monde s’améliore par la résolution des problèmes. Prenons donc de la hauteur en toute chose. Soyons résilients c’est-à-dire capables de rebondir plus fort après un choc ou une difficulté extrême. Les nombreux problèmes du Bénin et de l’Afrique sont en réalité les véritables facteurs propulseurs de notre développement. Soyons capables de trouver des solutions à nos problèmes et notre développement ne sera qu’un fait de l’histoire d’ici 25 ans. Nous en sommes capables chers frères et sœurs, OSONS TRANSFORMER NOS PROBLEMES EN OPPORTUNITES ET NOUS PROGRESSERONS D’UN PAS DE GEANT. Nous étonnerons le monde, si nous ne le faisons pas, nous donnons l’occasion au reste du monde de continuer à penser que l’Afrique est le continent des moins intelligents, le continent des incapables, le continent des non inventeurs, le continent des consommateurs. Non, je vous l’affirme avec force et véhémence que nous sommes des leaders créateurs, levons-nous et osons !

 

 

7-     Rupture au niveau de la perception des anciens colonisateurs

 

 

Personne n’a jamais oublié la brutalité de l’envahissement de l’Afrique, mais soyons résilients et transformons les colonisateurs en opportunité de progrès, profitons de cette proximité pour acquérir des savoir-faire technologiques pour vite progresser. Cessons de voir les anciens colonisateurs comme nos problèmes ou nos obstacles, ils sont nos opportunités, prenons de la hauteur et avançons, le moment n’est ni à la distraction, ni à l’inimitié, mais nous devons nous consacrer à vider de nous-mêmes les entraves érigées par les colonisateurs et nous-mêmes. Une chose est certaine : les anciens colonisateurs ne sont et ne seront jamais nos sauveurs, notre destin ne dépend et ne dépendra absolument que de nous. Que notre engagement volontaire pour notre développement transcende nos mécontentements du passé colonial. Que les colonisateurs ne soient perçus ni comme des sauveurs ni comme des ennemis !   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8-     Rupture au niveau de la division des Africains

 

 

Pendant trois mois les colonisateurs s’étaient réunis à Berlin pour diviser l’Afrique en 1885 et ils s’étaient fixé 15 ans pour conquérir toute l’Afrique, c’est-à-dire finir la conquête avant le 1er janvier 1900. Vers les années 1960, l’Afrique s’était soulevée pour devenir indépendante en partie. Mais jusqu’à ce jour, les Africains sont restés cloisonnés dans ces frontières imaginaires, arbitraires, fictives, virtuelles et ils s’y complaisent et les défendent jusqu’à faire couler du sang, affirmant par là notre immaturité évidente aux plans patriotique, intellectuel, politique, géopolitique, stratégique. Ce qui est étonnant est que pendant que des grands ensembles se forment pour contrôler le monde aux plans géopolitique et géostratégique, l’Afrique s’évertue à rester bien divisée pour mieux prêter le flanc aux autres de nous tailler en pièces. C’est déplorable ! Je vous déclare mes frères et sœurs, que la MATURITE DES AFRICAINS SE PROUVERA PAR NOTRE REFUS ET NOTRE SORTIE DES LIMITES COLONIALES FAITES SANS NOUS ET CONTRE NOUS. C’est quand nous sauterons ces virtuelles et coloniales limites que nous honorerons nos vaillants défenseurs et nos  héros tombés pendant les guerres coloniales. Soyons enfin matures et intelligents. Rompons avec les divisions en Afrique pour retrouver notre originalité, pour nous affirmer. Sortons de l’otage des frontières coloniales et humiliantes pour nous embrasser et nous unir et là nous serons véritablement victorieux et dignement Africains. Tant que nous en sommes incapables nous sommes des immatures, des incapables, ingrats envers nos héros, ingrats envers Dieu qui nous a donné des terres pleines de richesses et surtout nous serons des fils et filles  indignes de l’Afrique.

 

 

9-     Rupture au niveau de la perception du destin de notre Afrique

 

 

Les Africains sont en majorité des afro pessimistes, l’Afrique a malheureusement des filles et des fils qui n’ont pas foi en eux-mêmes et qui projettent cette image négative sur l’Afrique entière. Pour la majorité des filles et des fils de l’Afrique, notre destin est d’être sous les ordres financiers, politiques, etc. des autres, notre destin est de dépendre des autres, notre destin est d’être rien sans les autres, notre destin est d’être ce que les autres veulent, notre destin est d’être un continent que Dieu a prévu à être pauvre, dépendant, misérable, malade, mineur, incapable de faire des inventions, incapable de se prendre en charge, incapable de  traiter d’égal à égal avec les autres, sous-développé, obéissant aux ordres des autres. Il y a même en Afrique des prétendus pasteurs qui avec un biblicisme dénué de tout fondement réel affirment que le fils maudit de Noé est l’ancêtre de l’Afrique. L’Afrique vit alors une malédiction et devrait l’accepter selon ces "prêchards" de la démission et de la résignation. Ces êtres compétents pour la promotion du sous-développement et de la minorisation de l’Africain sont nombreux et malheureusement très écoutés par des Africains avides des messages du désespoir car l’incertitude de l’avenir les a entièrement gagnés. Non, le destin de l’Afrique est qu’elle soit réunifiée pour devenir la prochaine puissance du monde, nous avons tout pour prendre la plus grande place dans le monde. Notre destin est que notre continent soit développé pour être souverain. Nous ne méritons pas le sous-développement qui nous caractérise. Etant dépositaires de toutes les grandes richesses du monde, nous sommes les plus pauvres du monde, les plus malades, les grands nécessiteux, les mendiants, les miséreux, les affamés, c’est déplorable ! Notre destin n’est pas cela, levons-nous et rompons avec cette négation de la vie pour renverser l’ordre des choses, pour inverser le cours de l’histoire, faisons autrement notre histoire, nous en sommes capables. Faisons de notre continent une nation respectée et enviée.

 

 

 

 

 

10-  Rupture au niveau politique

 

 

Quand on parle de politique au Bénin, c’est ce qui choque les Béninois. Pourquoi ? Dans la politique politicienne du Bénin, les acteurs politiques se considèrent comme des ennemis réciproques à abattre. En politique, les acteurs ne sont pas des ennemis, ils sont plutôt des adversaires. L’ennemi est celui qu’on doit tuer car entre ennemis c’est la mort qui est absolument visée. L’adversaire est celui qu’on doit vaincre car entre adversaires c’est la victoire qui est visée et ils s’embrassent à la fin du combat car ils ne sont pas des ennemis. Au Bénin, malheureusement les acteurs politiques sont en train de transformer le jeu politique en un combat de gladiateurs, nous devons rompre avec la politique de voir l’autre comme ennemi à abattre. En réalité, l’enjeu de la politique est uniquement le développement de notre maison commune le Bénin. La nation est à nous tous, elle n’appartient pas à quelqu’un plus qu’un autre. Béninoises et Béninois, Africaines et Africains, rompons avec toute forme de politique visant l’autre comme un ennemi à abattre, nous sommes tous des adversaires pour la même cause, le développement de notre chère nation le Bénin. Que cesse alors tout acte ciblant qui que ce soit comme ennemi. Soyons des grands hommes. Soyons des grandes dames. Respectons-nous réciproquement pour qu’ensemble nous sortions notre pays et notre continent de la précarité ambiante. Nous ne méritons pas cette vie précaire dans laquelle la majorité des nôtres vit tous les jours. Prenons-nous au sérieux et soyons des majeurs ! Soyons des gens accomplis capables des œuvres de fierté plébiscitant notre patrie vers sa souveraineté. Chers frères et sœurs, nous en sommes capable !   

 

 

11- Rupture au niveau de la politique du désordre et de l’indiscipline

 

 

Deux facteurs ont favorisé le développement des pays avancés : l’ordre et la discipline. Deux facteurs retiennent l’Afrique et le Bénin dans le sous-développement : le désordre et l’indiscipline. Quand un pays se prend au sérieux, on le constate à deux niveaux : sa capacité d’organisation et de respect des règles qu’il établit. Mais quand dans un pays, tout est permis, le résultat est le désordre et la suite est claire : l’enlisement dans le sous-développement. Prenons-nous au sérieux et rompons avec le désordre qui nous caractérise et réorganisons-nous très vite au Bénin pour lancer unanimement notre développement. Etablissons des règles et respectons-les et nous progresserons à coup sûr. Que désormais l’ordre et la discipline nous caractérisent en toute chose au Bénin comme partout en Afrique.

 

 

12- Rupture au niveau de la politique du ventre

 

 

L’être humain est dirigé par quatre différents centres en lui. Dès la naissance d’un enfant, c’est son ventre qui prend la direction de sa vie, vivre pour l’enfant c’est manger. Il réclame, il pleure, juste pour manger, il doit manger, il n’écoute que son ventre. Mais à l’âge de l’adolescent c’est son bas ventre qui l’influence, il veut découvrir son potentiel sexuel et celui du sexe opposé, les parents le calment, on lui prodigue toute sorte de conseils, mais le bas ventre le domine. Il se pense immortel, capable de faire des expériences jamais vues. Mais vers l’âge de 18 ou 20 ans son cœur prend la direction de sa vie, il éprouve des sentiments forts, il ou elle veut donner son cœur à son bien-aimé ou sa bien-aimée, l’essentiel pour lui ou pour elle, c’est d’aimer et d’être aimé (e). Suite à quelques expériences, le jeune homme ou la jeune fille se résout à mieux réfléchir, la tête prend la direction, la raison influence sa vie. En réalité pour mieux réussir sa vie ou le développement de son pays le citoyen lambda ou le politicien patriote doit être dirigé par la raison et le cœur en parfaite cohésion. Quand ce n’est que la tête, tout est carré et la devise est que « ça case ou ça passe » et si c’est seulement le cœur qui dirige, c’est l’émotion, la passion qui domine toute chose et finalement on aboutit à la démission généralisée et l’échec. En Afrique comme au Bénin, nous devons rompre avec toute politique de ventre, les adultes ne doivent pas s’infantiliser, quand le ventre dirige, c’est l’intérêt qui commande toute chose, qu’est-ce que je gagne si non ça ne passe ici, je dois manger, les citoyens deviennent des apatrides, ils mangent le pays, ils le dévorent. Arrêtons-nous, cessons de nous infantiliser, nous n’avons besoin ni de cuillère ni de louche pour le développement de notre nation. Nous avons besoin de nous donner sincèrement et activement à notre cher et beau pays pour son développement. LA RAISON ET LE CŒUR doivent être à la direction du pays. Le centre de direction qui doit nous dominer doit se situer entre la tête et le cœur et non entre le ventre et le bas ventre.

 

 

13- Rupture avec le climat de peur et de désunion

 

 

En cette année 2010, le Bénin vit dans la peur et la division de ses fils. Chacun se demande où allons-nous ? Arrêtons-nous ! A qui appartient le Bénin ? A toi mon frère, à toi ma sœur, à moi aussi, le Bénin est notre pays, ne le déchirons pas. Les Ivoiriens ont déchiré la Côte d’ivoire en quelques jours, ils continuent de souffrir des séquelles une décennie après. Réalisons enfin le contenu de notre hymne nationale. Moi, je nous invite à une nouvelle conférence pour le développement et nous allons nous asseoir autour de la même table pour discuter du développement du Bénin afin de produire le Schéma Directeur du Développement du Bénin (SDDB) qui sera intégré à notre constitution. Tout candidat à la présidentielle doit inscrire son projet de société dans ce programme global de développement du Bénin et chacun peut juger un président à partir des réalisations d’une partie du SDDB. Le bon sens doit nous amener en urgence à ce consensus national. N’attendons pas que ça casse d’abord, tirons leçon d’ailleurs. C’est le bon moment de réussir une telle prouesse et nous serons le centre de référence pour le développement en Afrique. Tous les pays africains pourront le recopier et nous allons hâter notre développement. Pour construire la maison du père, les fils n’ont pas besoin de s’opposer en « mouvanciers » et opposants, la maison sera cassée, ils doivent se mettre ensemble pour construire. Ne cassons pas la maison !

 

 

14- Rupture avec la politique dite de l’intrus

 

 

Il semble qu’au Bénin il y a des spécialistes de la politique d’un côté et de l’autre, il y a des amateurs de la politique, il y a aussi ceux qui sont génétiquement politiques et d’autres qui deviennent politiques par hasard, il y a aussi des expérimentés et des non expérimentés en politique. En Afrique comme au Bénin, l’arène politique est désignée comme une maison dont les étrangers sont appelés des intrus par ceux de la maison. Mais en réalité, avons-nous besoin d’un gène biologicopolitique, ou d’être habitant d’une arène, etc. ? Pour le développement du Bénin et de l’Afrique, de qui avons-nous besoin et pour quelle utilité ? Arrêtons-nous un instant et répondons à cette double question. Au Bénin, nous avons besoin de chaque citoyen capable de quelque chose pour sa nation. Et pour réussir le développement national, nous avons besoin non d’un sauveur messianique mais des hommes et des femmes capables de mettre le Bénin au travail, capables d’instaurer l’ordre et la discipline pour tous sans distinction, capables de changer le système de gestion du pays, capables de rendre le système éducatif producteur de cadres curieux-créateurs-entrepreneurs, capables d’unir les citoyens et les citoyennes autour des valeurs de patriotisme, de solidarité organique et non de solidarité mécanique, capables de rompre avec toute forme de politique de ventre et de politique ethnocentrique, capables d’interpeler les pesanteurs socioculturelles qui handicapent le développement, capables de semer le Bénin d’entreprises de transformation de nos ressources,capables de promouvoir les produits de chez nous, capables de transformer nos différences en atouts, capables de transformer nos problèmes en opportunités, capables d’intégrer le Bénin à l’Afrique, capables de faire respecter le Bénin au plan international, capables de mettre nos terres en valeur, capables de mettre en valeur la vallée de l’Ouémé, nos vallées, capables de création de synergie entre l’Etat, les chercheurs, les inventeurs, les entrepreneurs, les bailleurs et les consommateurs, capables de vendre les valeurs locales partout au monde, capables de ressusciter l’économie du palmier à huile, capables de ressusciter l’économie de l’arachide, etc., capables d’honorer nos paysans qui nous nourrissent, capables de rendre l’homme et la femme égaux à tous égards, capables de compétences interculturelles, capables de créer de pont sur les différences pour unir les Béninoises et les Béninois pour le développement du Bénin. Notre pays, le Bénin, n’a besoin que des femmes et des hommes de cette trempe et nul ne sera de trop, nul ne sera un intrus. Nous avons besoin  de gestionnaires compétents et intelligents en politique de développement et non en politique politicienne. Nul ne sera considéré comme intrus. En réalité, dans le corps humain, chaque partie est utile, aucune partie n’est inutile à moins qu’elle soit cancéreuse. Et il ne revient pas à chaque partie d’inventer son utilité, c’est la tête qui commande et rend utile chaque membre du corps. La tête, c’est l’Etat et c’est pourquoi il nous faut des gestionnaires intelligents et compétents pour mettre le Bénin ensemble et au travail et tout cela avec rigueur de l’ordre et de la discipline. Pour finir, je veux vous rendre conscients de trois choses :

 

 

- la première : pour gagner de gros salaire ou s’enrichir, ce n’est pas en politique qu’il faut aller, il faut plutôt  créer une entreprise pour répondre qualitativement et quantitativement aux besoins des Béninois et des Africains ou même d’ailleurs. Ton entreprise pourra te payer plus de dix fois le salaire d’un homme politique. Ne le sais-tu pas ?

 

 

-  la deuxième : on va en politique pour trois raisons distinctes : soit par amour de sa patrie ou  soit pour gagner de l’argent ou soit pour avoir l’honneur et la gloire. Quand on y va par patriotisme c’est-à-dire par amour pour sa patrie, on a fait le bon choix et tout le reste peut suivre. Mais quand on y va pour l’argent ou la gloire, le résultat est connu de nous tous, on est apatride et patricophage.

 

 

- la troisième chose est une question : l’Etat gère quel argent et d’où vient-il ? L’Etat gère les taxes fiscales, des taxes douanières, des crédits, des subventions, etc. Les deux derniers ne me préoccupent pas dans cette lettre, mais l’impôt et les taxes douanières proviennent d’où ? Je tiens à souligner que mes enquêtes au Bénin me révèlent que la majorité des Béninois donne de réponse injuste à cette question, les gens pensent que, comme l’Etat prélève en grande partie ces taxes sur des commerces des importateurs (et le plus souvent la plupart des grand importateurs au Bénin sont des étrangers), ces grosses sommes d’argent proviennent de l’extérieur. Vous vous êtes trompés ! Quand un importateur achète à l’extérieur un container de marchandises à cent millions, il peut payer pour le transport jusqu’au Bénin un à deux millions, il dédouane sa marchandise à son arrivée à la frontière du Bénin (port, aéroport, etc.) et là il paye selon le produit 49 millions environ, il peut payer des taxes fiscales que nous supposons à 20 millions environ, ses propres charges courantes (salaires, IPTS, VPS, publicité, etc.) pour vendre ses marchandises, peuvent aller à 5 millions et plus, il cherchera son bénéfice autour de 15% minimum donc 15 millions. Au total, les marchandises achetées à cent millions valent deux cent millions environ lorsqu’elles sont vendues aux consommateurs. C’est le consommateur, l’acheteur de la marchandise en détail qui paye tout, mais à qui ? Prioritairement aux fabricants étrangers, ensuite à l’Etat et enfin à l’importateur. Les importations, quelques soient les taxes qu’elles génèrent à l’Etat, précarisent l’économie nationale. Et c’est pourquoi, je déduis que l’économie du Bénin est une économie trouée de laquelle tout s’écoule vers ailleurs parce que nous ne produisons pas à l’intérieur nos besoins. Chaque fois que vous avez un produit dans vos mains, regardez bien là où il est fabriqué, c’est là où vous avez envoyé votre argent. Les intermédiaires que sont l’Etat et les importateurs gagnent quoi et de quel lieu? Ils n’ont fait que prélever l’argent des citoyens et si les importateurs sont des étrangers tout est perdu à jamais. Vous n’avez pas besoin de faire de grandes écoles d’économie pour comprendre. Quelle solution pour ce problème ? « Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons », ces propos de SANKARA résonneront pour toujours dans la tête des Africains. Obéissons à l’ordre de SANKARA et notre économie sera dopée et bombée.

 

 

Maintenant conscients de ces trois choses fondamentales, nous devons opérer un choix d’hommes et de femmes capables et intelligents pour boucher les trous de notre économie. Il n’est donc pas question d’intrus, de non intrus, de savants en politique, d’anciens politiciens, de nouveaux politiciens ou de connaisseurs de la maison. Quoi ? La maison c’est le Bénin, nous le connaissons tous bien. Mes frères et sœurs, notre maison, le Bénin vacille, tangue, unissons-nous autour des valeurs pour le développer. Nous pouvons le développer, nous devons le développer, ensemble c’est sûr !

 

 

 

 

 

15- Rupture avec la politique des trois institutions fondamentales : l’Exécutif, le Judiciaire et le Législatif aux mains d’un seul être humain en Afrique

 

 

 

 

 

Obama disait à Accra que l’Afrique n’a pas besoin d’homme fort mais d’institutions fortes, mais ce que j’ajoute est qu’en réalité les pays africains souffrent simplement parce qu’ils ont à leur tête des dieux car comment comprendre qu’un seul être humain puisse avoir autant de pouvoir c’est-à-dire contrôler l’Exécutif, le Judiciaire et le Législatif (et même parfois les médias, le quatrième pouvoir), il serait un surhomme ! Les trois pouvoirs doivent être absolument séparés et très bien séparés, car c’est gravissime et absolument dangereux qu’ils soient tous détenus par un seul Président. Quand quelqu’un a tous les pouvoirs c’est-à-dire un pouvoir absolu, il peut arriver qu’il soit absolument fou de son pouvoir car il est dieu et doit le manifester. L’Etat existe si et seulement si les trois pouvoirs sont séparés et ne sont jamais influencés par un seul homme. En Afrique, nous devons apprendre encore que la monarchie est différente de la République car si les trois pouvoirs sont réunis dans une seule main, on est dans une nation qui serait à la fois une République  et paradoxalement  une Monarchique, ce qui est absolument une contradiction flagrante. L’homme est un être avide de pouvoir et quand on lui donne l’opportunité d’avoir tous les pouvoirs, le caractère qu’il développe inconsciemment ou sciemment est qu’il singe Dieu oubliant que Dieu est le seul qui maîtrise à la fois le passé, le présent et le futur, Il prédéfinit et réalise le futur. L’homme, même le plus doué, est limité, il ne doit jamais singer Dieu, il est très fragile, il est moins qu’un vermisseau devant l’infinie grandeur de DIEU. Quand il y a une confusion des pouvoirs, elle se généralise à tous les niveaux. Il y a quelques années, un président africain disait : vous cherchez l’Etat, n’allez pas loin, l’Etat, c’est moi. Ce n’est qu’en Afrique qu’on peut entendre ces genres de propos et c’est pourquoi le désordre nous caractérise. L’ETAT existe si et seulement si les trois pouvoirs  sont très bien séparés et sont libres d’action dans les limites de la constitution nationale. Par exemple, la pierre angulaire de l’édifice politique des USA est la séparation des trois pouvoirs, les décisions de la cour suprême sont sans recours. Si jamais les USA trichent avec ce principe fondamental et vital de leur existence, cette grande puissance va s’écrouler comme un château de carte. Mais cela n’arrivera pas car ils se sont imposé l’ordre et la discipline. Pourquoi pas nous, les Africains ? Notre désordre à ce niveau perturbe la paix en Afrique,  le développement est et sera le fruit de l’ordre et de la discipline dans un contexte de paix. Rompons avec la confusion des pouvoirs pour bien organiser et développer nos pays.

 

 

 

 

 

16- Rupture totale et profonde avec les systèmes d’esclavage

 

 

Nous avons énoncé un peu plus haut qu’il y a plusieurs types d’esclavage. C’est l’occasion pour nous d’en détailler et d’appeler l’Afrique à s’en sortir complètement. Les Africains ont été des esclaves, mais le sont-ils encore ?

 

 

Répondre à cette question nous amène à chercher les raisons profondes de l’esclavage dans le passé et les types d’esclavage à travers le temps. Nous appellerons les Africains à se libérer de toute forme d’esclavage.

 

 

 

 

 

i-                   Les raisons profondes de l’esclavage

 

 

L’esclavage partout au monde sert à profiter des forces humaines illégalement et inhumainement acquises à un coût donné pour  en tirer suffisamment d’avantages jusqu’à l’épuisement et la mort des sujets esclaves. L’âne ou le cheval, le moyen de locomotion de l’homme bien que dominé par son propriétaire semble lui procurer le bonheur de locomotion avec plaisir, quand il n’en peut plus ou il n’en veut plus, il s’y oppose farouchement. Le propriétaire le comprend et le laisse reprendre ses souffles : il n’est pas son esclave. Quant à l’esclave humain chez son propriétaire, il a moins de respect et de valeur que le chien du propriétaire. Il peut travailler jusqu’à mourir. S’il est malade, il peut en mourir. La preuve, pendant les transports des esclaves vers les territoires américains, les faibles et les malades étaient jetés à la mer. Ils étaient considérés des êtres sans valeur. Nombreux mourraient dans les plantations de canne à sucre. Ils étaient des machines à souffle humain. Les endurants qui survivaient aux atrocités étaient appelés les nègres bosseurs. L’esclavage était le plus grand et le pire crime contre l’humanité  commis sur notre terre commune.

 

 

Chaque fois que l’être humain recourt à l’esclavage, c’est pour toujours tirer grand profit des autres êtres humains qu’ils transforment en sous-hommes et en machines de production des biens de valeur pour lui. L’esclavage en milieu africain a permis à certains royaumes de développer des structures architecturales énormes et extraordinaires, de faire des productions agricoles à grande échelle, de construire des routes à travers de grandes forêts, etc. Mais quand l’occidental est venu pour développer ce type d’activité, c’était dans le but de développer l’économie occidentale. La raison de l’esclavage reste et demeure l’utilisation facile, insensible, illégale et inhumaine des êtres humains exploités à contre cœur pour favoriser le développement, aux plans social, économique, etc., d’un territoire (celui des propriétaires qui se prennent pour des êtres humains supérieurs ayant tous les droits, même celui de vie et de mort sur les autres de non droit) et pour épuiser l’esclave. L’esclavage sert toujours à développer quelqu’un au détriment d’un autre. Le phénomène de l’esclavage a évolué à travers le temps et l’espace. Nous pouvons en faire une typologie.

 

 

         ii- Les types d’esclavages à travers le temps

 

 

-  L’esclavage individuel et de la masse : la traite négrière

 

 

Curieux au départ, les occidentaux sont devenus rapidement des commerçants des êtres humains, achetant des nègres considérés moins que leurs chiens, causant ainsi une saignée humaine incommensurable à l’Afrique. Les dirigeants d’alors avaient pris goût d’aller à la chasse de leurs semblables pour les vendre aux étrangers qui s’en raffolaient. Ce commerce négrier est responsable de toutes les divisions qui ont secoué l’Afrique, les peuples côtiers armés par les occidentaux négriers, faisaient la grande différence d’armement allant à la chasse des peuples de l’intérieur du continent considérés comme de gros gibiers de grande valeur, les hommes robustes, jeunes et sains et des femmes sélectionnées avec un "culing" basé sur leur capacité de procréation future (une fois déportées, elles étaient données aux jeunes esclaves noirs, géniteurs, pour faire de petits nègres nés esclaves pour servir les maîtres qui pouvaient les vendre à qui ils voulaient, les femmes étaient de véritables génitrices). Cette traite négrière était destinée à développer l’Occident en utilisant la force humaine de l’Afrique, considérée comme l’espace de chasse des moins que humains, animés de force et de capacité de raisonner que pour obéir à un maître, et surtout dressés pour travailler dans les champs à la place des animaux, des machines animées de souffle humain. Le développement de l’Occident était alors amorcé et lancé avec le sang des noirs, arrachés de chez eux, réduits en sous-hommes, esclaves producteurs d’esclaves, déstabilisés, vendus et enlevés pour une destination inconnue. L’Occidental a ainsi réussi à inscrire dans l’esprit de l’Africain qu’il est une race supérieure, le dieu qui doit décider du sort de qui il veut sur le continent africain, il était et doit demeurer le maître de l’Africain qui était et demeurera un être mineur. Dans la conscience collective des Africains, cette inscription psycho-historico-culturelle demeure, l’homme de l’Occident est même considéré comme le plus proche du Dieu créateur du ciel et de la terre aux yeux des Africains, l’homme de couleur, selon le raisonnement africain, est alors proche du diable qui est toujours dessiné en noir, la couleur de la bassesse, celle de l’esclave. Cela a tellement affecté l’Afrique que tout ce qu’un Africain pense ou fabrique ou invente est considéré de moindre valeur par rapport à ce qui est fait en Occident. Si quelque part ce passé sombre nous harcelle encore, nous devons savoir qu’il y a eu des peuples qui ont été opprimés et maltraités, certainement moins que nous, mais ils en sont sortis. Pour ce qui est de notre cas, nous ne sommes pas encore animés d’une volonté collective de rompre les chaînes du passé pour progresser vers un avenir radieux. Nous aimons la servitude et surtout la protection d’un plus fort car nous n’estimons pas que nous aussi, nous pouvons être forts. Nous n’avons aucune intention d’amuser la galerie en écrivant ces lignes, notre souhait, c’est le changement profondément radical, méthodique et objectif. Nous devons nous lever et opérer un choix visible et réel en brisant les chaînes du passé, en sautant enfin du nid pour nous envoler. Prenons le risque d’arrêter le cours de notre sombre histoire, car tout dépend non des autres mais de nous. C’est de nous qu’il s’agit ! Nous sommes les vrais responsables de notre situation qui perdure indéfiniment. Mais abordons rapidement une autre page de l’histoire noire de l’Afrique, pour mieux diagnostiquer les causes profondes de nos maux.

 

 

 

 

 

-  L’esclavage systémique : la colonisation

 

 

Le commerce négrier étant aboli en 1848, l’occidental a changé la forme de ses relations avec le continent, il décida coloniser le continent, en faire des territoires d’outre-mer politiquement administrés depuis l’Europe. Le congrès de Berlin partagea toute l’Afrique aux Français, Anglais, Espagnols, Allemands, Portugais. C’est l’esclavage systémique. Dans la traite négrière c’était des individus qui étaient transformés en esclave, mais dans la colonisation, c’est le continent entier qui est  dominé par force, maîtrisé, neutralisé, approprié contre la volonté des propriétaires légaux. L’Afrique était mise en esclavage, le système entier était pris. La résistance de l’Afrique a été rapidement brisée par une poignée de militaires européens différemment armés. Des résistants comme le Roi d’Abomey BEHANZIN, ont été enlevés, déportés ou massacrés. Nous saluons la mémoire de cet illustre fils de l’Afrique, un patriote convaincu, véritable résistant, BEHANZIN. L’Encyclopædia Universalis (2004) rapporte que lorsque Glélé, Roi du Dahomey, meurt le 29 décembre 1889, son fils, Kondo, lui succède sous le nom de Béhanzin. Il profite de la saison sèche pour préparer son armée à la lutte contre les Français, qui ont reçu des renforts en février 1890. Le 4 mars, une violente attaque des forces dahoméennes sur Cotonou est repoussée. Le 19 avril, Béhanzin en personne, à la tête de plusieurs milliers d'hommes, cerne Porto-Novo mais ne peut emporter la ville d'assaut. Des otages français, pris à Ouidah, sont conduits à Abomey. L'un d'eux décrit ainsi Béhanzin : « Il a quarante ans environ, c'est un nègre admirable, bien pris quoique de taille moyenne. La figure est ouverte, intelligente, le regard franc et droit. » L'échange de ces otages est l'occasion de négociations entre les représentants de la France et Béhanzin. L'accord de Ouidah, conclu le 30 octobre 1890, reconnaît à la France le protectorat sur Porto-Novo, en échange d'une rente annuelle. Les deux parties profitent de ce répit pour se préparer activement à la guerre. Béhanzin dispose de 15 000 hommes armés de fusils et de couteaux-machettes, et de 4 000 amazones pareillement équipées. Il a 5 000 fusils à tir rapide. En face, 800 hommes commandés par le colonel Dodds. La flotte française établit un blocus des côtes pour arrêter les livraisons d'armes aux Dahoméens. Le 23 août, arrivent en renfort 800 légionnaires, deux escadrons de spahis et un détachement du génie. Les troupes françaises envahissent alors le Dahomey. Après avoir repoussé les troupes de Béhanzin à Dogba, elles franchissent l'Ouémé. Au combat de Pokissa, le 4 octobre 1890, les Français capturent trois Allemands et un Belge qui se trouvaient dans les rangs de l'armée dahoméenne et les fusillent. Malgré les combats qui redoublent, les troupes du colonel Dodds continuent leur progression. Le 4 novembre, Béhanzin rassemble toutes ses forces. Mais il est battu, son armée presque totalement détruite (4 000 morts et 8 000 blessés environ) et, le 16 novembre, le colonel Dodds entre dans Abomey en flammes. Béhanzin tente en vain de négocier ; devant l'intransigeance du gouvernement français, il est contraint de reprendre la lutte. Pourtant, en signe de conciliation, il a livré 5 canons, 150 fusils, puis à nouveau, 4 canons et 476 fusils. Traqué, Béhanzin se livre en janvier 1894. Déporté à la Martinique, puis en Algérie, il meurt à Blida, le 10 décembre 1906, sans jamais avoir été autorisé à revoir sa patrie. En avril 1928, sa dépouille sera solennellement inhumée à Djimè, son pays natal.  On rapproche souvent Béhanzin de Vercingétorix en raison de la bravoure dont tous deux ont su faire preuve alors qu'ils résistaient à l'envahisseur (fin de citation.)

 

 

La colonisation était alors réussie, quelques foyers de scolarisation étaient lancés pour produire des agents qui seront au service des nouveaux gouverneurs de l’Afrique. L’Afrique était devenue par force la propriété de l’Europe, qui a officiellement tous les droits sur les biens et les êtres humains du continent.

 

 

  

 

 

-  L’esclavage du pouvoir étatique : la dépendance de l’indépendance

 

 

Des agents au service de l’administration coloniale, étaient sortis des nationalistes qui ont contraint les maîtres d’accorder l’indépendance aux pays africains dans les années 1960. Une nouvelle page devait s’ouvrir, ce qui demandait une nouvelle forme de relation, les ministères de colonisation se sont simplement mutés en ministères de coopération. Des nationalistes qui ont cru à une véritable indépendance, s’étaient trompés et ont reçu des leçons dures, sévères, ignobles et odieuses. Patrice LUMUMBA, grande âme d’Afrique, croyant à une relation d’égal à égal, a fâché le Roi belge à la cérémonie de l’indépendance. Il a été sacrifié pour la cause de l’Afrique en voie de l’indépendance : trahi par ses frères, arrêté, publiquement humilié, maltraité, torturé, sauvagement assassiné, enterré comme un chien, déterré, découpé, noyé dans l’acide, retiré de l’acide, finalement brûlé pour effacer toute sa trace. Un climat chargé de peur s’était étendu sur tout le continent inhibant toute audace de s’affirmer véritablement indépendant, il fallait choisir l’un des deux blocs opposés par la guerre froide, et ne pas choisir celui de son ancien maître colonisateur, c’est choisir la destruction, le coup d’Etat, la mort. L’Afrique était de nouveau divisée, subdivisée, condamnée à toujours obéir et à se faire valider par son ancien maître. Le développement réel est ainsi raté et le continent est rentré dans un tourbillon nébuleux de déchéance politique alimentée par d’incessants coups d’Etat faisant oublier tout espoir de fédéralisme réel et objectif. L’Afrique subit son histoire et semble avoir quitté son orbite, devenant un satellite égaré dans un espace où les autres s’organisent pour mieux s’unir et pour mieux la gouverner en la gardant surtout dans un état balkanisé. L’Afrique est bien dans l’histoire, et son histoire, nous Africains, devons la faire en décidant de changer l’avenir vers lequel le passé nous destine, c’est là notre meilleure manière de réagir pour être et cesser de paraître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-  L’esclavage économique et financier : la mondialisation

 

 

« Mouvement d'internationalisation des économies et des sociétés induit par le développement des échanges dans le monde. On dit aussi « globalisation » (de l'anglais globalization). La mondialisation traduit l'extension géographique des échanges, mais également l'extension du domaine de ces échanges. Elle ne concerne plus seulement les marchandises, mais englobe les capitaux, la main-d’œuvre, les services, la propriété intellectuelle, les œuvres d'art. » (ENCARTA, 2004). Je juge utile de compléter la définition de ZYGMUNT BAUMAN (1999) pour rendre visibles les nouvelles injustices que la mondialisation porte dans ses flancs : « La signification la plus profonde de l'idée de mondialisation renvoie au caractère indéterminé, anarchique et autonome des affaires mondiales ; à l'absence de centre, de contrôle, de conseil d'administration, de bureau de direction. La mondialisation est l'autre nom du "nouveau désordre mondial"  de JOWITT ». En réalité, on assiste à l'émergence d'un nouvel impérialisme de nature économique, accompagné d'idéologie politique universaliste. Tentons d'examiner ce phénomène qui définit le présent de notre monde pour savoir comment, et dans quel sens nous, Africains, pouvons-nous déterminer.  A regarder de près, on se rend compte que l'Occident essaye d'imposer un "modèle" aux pays en voie de développement, d'universaliser ses valeurs et ainsi de gommer tout ce qui n'est pas de lui ou conforme à ses visées. Les produits de consommation courante des pays riches s'imposent chez les pauvres au détriment de leurs propres habitudes de consommation (en termes vestimentaires, alimentaires, culturels et pharmaceutiques).

 

 

En outre, on assiste à une uniformisation dangereuse dans le traitement des valeurs et des produits : tout est mis dans un même moule, les spécificités culturelles sont donc banalisées, les différences anéanties ou soumises comme les peuples eux-mêmes qui ont été subordonnés lors de l'entreprise esclavagiste ou coloniale. On peut donc soutenir que la mondialisation sous son mode purement économique représente une nouvelle colonisation des plus pauvres par les plus riches ou tout simplement un esclavage économique. Une autre logique, purement et simplement mercantile est mise en place et en marche comme un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage au point de compromettre des choses essentielles concernant la vie individuelle mais aussi la vie communautaire : « l'Etat-Nation est, semble-t-il, en voie d'érosion, ou peut-être même de dépérissement. Et les forces d'érosion sont des forces transnationales » (ZYGMUNT BAUMAN, 1999 : 89). Et c'est cet aspect que précise le Directeur général du Bureau International du Travail (BIT), quand il écrit « qu'il n'y aura pas de mondialisation juste et équitable sans un profond respect de l'identité culturelle de chacun » ( www.chez.com/mazerolle/ScEco2003/Afrique1.doc ). En cela, il entrait dans la dynamique de la résistance initiée par la France contre l'hégémonie de la culture américaine dans la mondialisation. Celle-ci apparaît dès lors comme le lieu de l'unilatéralisme américain qui est principalement d'ordre économico-politique. Le respect de l'identité culturelle serait-il, dès lors, un passage obligé de la mondialisation ? Le Secrétaire général de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), renchérissait en ces termes : «C'est pour moi une évidence, si la mondialisation continue au même rythme, dans dix à quinze ans, la culture restera le dernier bastion qui permettra aux Etats de garder leurs spécificités» (idem). Selon lui, «C'est dans l'intérêt de la communauté internationale d'avoir cette diversité culturelle, car si nous ne parvenons pas à démocratiser la mondialisation, la mondialisation va dénaturer la démocratie, et cette démocratisation passe, entre autres, par la défense et le maintien de cette diversité culturelle. A mes yeux, le plurilinguisme est à la mondialisation ce que le multipartisme est à la démocratie: indispensable» (ibidem).

 

 

Pour le moment, la mondialisation n'a malheureusement pas modifié le déséquilibre mondial entre les pays riches et les pays pauvres, au contraire elle a créé des inégalités qui engendrent encore plus de pauvres ; un fossé de plus en plus grand se creuse chaque jour davantage entre riches et pauvres, entre les pays du Nord et ceux du Sud et en particulier entre l'Occident et l'Afrique. L'importance de ce mouvement comporte des dangers qu'il ne faut pas négliger. Certaines craintes sont légitimes quand elles dénoncent les excès des politiques libérales fondées sur la déréglementation et la privatisation de biens publics naturels ou patrimoniaux. Une étude de la Banque Mondiale sur la pauvreté (2000) montre par exemple que la tendance actuelle de l'économie mondiale va dans le sens d'une augmentation des inégalités entre pays industriels et pays sous-développés (Encarta 2004). D'autres effets tels que les différentes menaces contre l'emploi, la santé et l'environnement, le développement incontrôlé des OGM sont à prendre au sérieux. A banaliser les problèmes suscités par la mondialisation, on risque de subir un naufrage. Ce phénomène auquel les pays sont confrontés doit être surveillé et redressé chaque fois que ces manifestations sont de nature à porter atteinte à l'exercice des droits fondamentaux des individus et des peuples. Et je juge pertinente la comparaison suivante : dans le domaine des sports, toute inégalité entre les équipes est proscrite : un senior ne doit pas entrer en compétition avec un junior et sur le ring MIKE TYSON n'entrerait pas en compétition avec un débutant, car alors sa vie serait mise en danger. L'OMC devrait tenir compte de cette règle élémentaire de la compétition entre les grands et les petits, entre les pays riches et les pauvres pour qu'il y ait un minimum de justice dans les relations économiques internationales, à moins qu'il s'agisse d'organiser consciemment, intentionnellement un massacre dont l'Afrique serait la première victime.

 

 

La mondialisation traîne avec elle un nouvel impérialisme économique qui est devenu une nouvelle cause très importante dans l'échec des initiatives locales du développement, entraînant ainsi un sous-développement chronique de nos sociétés. La différence entre les sociétés africaines et étrangères est que les producteurs occidentaux reçoivent de subventions et vendent leur produit en dessous du coût réel et ils ne perdent rien. Plusieurs fermes avicoles sont déjà fermées pour cette raison. La mondialisation est quelque part plus productrice de la pauvreté que de la richesse. La logique selon laquelle les libres échanges favorisent tout le monde se révèle illusoire, fausse, tant que les inégalités existent à tous les niveaux, il n'est pas possible d'avoir les mêmes chances de réussir dans la compétition économique actuelle.

 

 

Au regard de toutes ces considérations ci-dessus, je comprends encore mieux aujourd'hui l'inutilité de m'inscrire dans une position aveuglement « anti-mondialiste » et la fécondité de défendre une posture « alter-mondialiste » en ce sens qu'elle propose de réfléchir sur des alternatives possibles pour éviter que notre monde ne sombre sous les coups de la folie marchande du monde. Il s'agit de préserver la possibilité pour les hommes et les sociétés de valoriser leurs différences, leurs originalités, et surtout de rappeler au monde que tout n'est pas marchandise, qu'il y a des valeurs qui ne s'achètent pas. La nécessité de s'organiser pour donner un visage humain à la mondialisation, par la critique et par l'action s'impose. L'Afrique doit entrer dans cette dynamique d'exigence de toujours plus de justice et d'équité dans les rapports entre les peuples du monde. L'humanité ne doit pas s'effondrer sous le coup de catastrophes orchestrées par elle-même. Et c’est pourquoi en constituant la nouvelle patrie les Etats-Unis d’Afrique, nous nous mettrons ensemble pour humaniser la mondialisation dans notre espace. Pendant qu’au plan économique, un autre drame se produit en douceur en Afrique : le suicide de la jeunesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-  L’esclavage volontaire : la jeunesse africaine s’offre gracieusement et volontairement aujourd’hui en esclave en Occident

 

 

                                                                            

 

 

Hier c’était l’Européen qui venait acheter les bras valides pour l’économie de la traite négrière mais voici un paradoxe aujourd’hui, la jeunesse africaine se bat corps et âme, pour franchir les frontières des anciens maîtres afin de s’offrir volontairement et gracieusement en esclaves pour travailler au noir en Europe, quel paradoxe ! Quelle indignité ! Quel abominable spectacle ! L’Afrique est arrivée à un point où elle constitue un espace de désolation pour son peuple, elle se vide de sa vie. Elle n’inspire plus confiance à sa jeunesse, ses bras valides, ses cerveaux n’ont plus foi en elle, la seule solution est de fuir cet espace d’insécurité de tout genre pour tenter l’eldorado en direction de l’Europe. Quelle désolation ! Ce cri strident de détresse et du désespoir de la jeunesse semble n’être entendu par nos chefs d’Etat. C’est déplorable. Des embarcations de fortune transportent des jeunes désespérés de l’Afrique vers l’Europe : le nouvel esclavage est en marche. Le cas le plus fâcheux et expressif, je vais dire le cas le plus éloquent est celui du Nigérian décédé à l’aéroport en Suisse. Il a préféré mourir que de se retourner en Afrique (lieu de la misère) qu’il considère comme son cimetière. Africaines et Africains, soyons responsables, revenons de notre démission collective, prenons-nous au sérieux et cessons de fermer nos yeux devant les drames et les tragédies qui se vivent tous les jours sous nos yeux. Africains et Africaines, arrêtons-nous un instant et méditons en silence ce drame et découvrons ensemble la situation de notre jeunesse condamnée à mort par notre choix délibéré du sous-développement. Nous sommes tous coupables.

 

 

 

 

 

17- Rupture avec l’économie trouée du Bénin : les dix trous à boucher 

 

 

 

 

 

Pour apprécier l’économie du Bénin en particulier et de l’Afrique en général, analysons les entrées d’argent au Bénin et les sorties d’argent du Bénin. (Cette partie de ma lettre est extraite de ma conférence sur le bilan des 50 ans d’indépendance,  le DVD de la conférence peut être obtenu auprès des boutiques de API-BENIN).

 

 

i-       Les entrées d’argent au Bénin

 

 

           Comme entrées d’argent au Bénin, nous avons essentiellement : les ressources d’exportation du coton, les subventions et surtout les crédits. Des devises étrangères rentrent au Bénin par ces moyens. Les taxes douanières ne sont pas des devises étrangères, mais les frais d’escorte sont des devises étrangères.

 

 

ii-     Les sorties d’argent du Bénin

 

 

L’argent sort du Bénin par les canaux qui suivent :

 

 

Ø  L’alimentaire : Mes frères et sœurs, quand vous mangez, regardez bien ce que vous mangez ; regardez et voyez la portion qui est produite au Bénin.  Cette portion est la part de l’argent qui est restée au Bénin. Le riz et même la tomate d’aujourd’hui, et beaucoup d’autres choses, sont importées, l’argent est parti d’abord avant que ces produits ne soient dans votre plat.  Ce que nous mangeons, évaluons cela pour voir quelle est la portion de notre production locale.  Cette portion là, c’est ce que nous avons au pays. Tout le reste fait sortir de l’argent du Bénin. Par notre manger, nous vidons le Bénin de son économie. Nous appauvrissons le Bénin chaque jour que nous mangeons car nous ne produisons pas ce que nous consommons, nous précarisons l’économie nationale.

 

 

 

 

 

Ø  La santé : Quand quelqu’un va à l’hôpital et on le traite, de son arrivée à l’hôpital jusqu’à sa sortie, il faut qu’on se demande quelle est la part du Bénin dans son traitement. De tout l’argent qu’il a sorti à l’hôpital, si aucun des médicaments n’est fabriqué au Bénin, tout le coût de son traitement a appauvri le Bénin. Pour satisfaire nos besoins de santé, nous vidons le Bénin de son économie. C’est la deuxième grande porte de sortie d’argent du Bénin.

 

 

 

 

 

Ø  Le vestimentaire : Si nous portons quelque chose, nous devons nous demander où est ce que c’est fabriqué ? C’est fabriqué ailleurs. Comme j’ai l’habitude de dire, nous produisons du coton et nous portons les dessous usés des autres, les chemises usées, les pantalons usés des autres. Par le vestimentaire, nous vidons l’économie du Bénin et cela dans une totale ignorance. Je dois nous rappeler que dix kilogrammes de coton se vendent à peine à deux mille francs Cfa, mais s’il est exporté, transformé et importé sous d’autres formes, la pièce du tissu nous coûte quatre vingt mille francs Cfa. Nous nous appauvrissons tous les jours par le vestimentaire. 

 

 

 

 

 

Ø  L’habitat : Nos maisons sont toutes importées sauf que nous y apportons seulement l’eau et le sable ; tout le reste des matériaux de construction est importé. Si nous prenons une maison, elle est importée.  Même là où nous dormons est importé. A part l’eau et le sable et quelquefois, nous produisons du ciment, tout le reste est importé. Comment une telle économie peut-elle  survivre ? Nous  ne pourrons pas. C’est une économie trouée ! Nous devons avoir honte. 

 

 

 

 

 

Ø  L’éducation : Pour faciliter l’éducation au Bénin et en Afrique, nous avons tout mais nous n’en faisons rien. J’étais au Cameroun la fois passée, invité comme expert par l’OMPI pour parler aux ministres de l’industrie des pays africains. Le Cameroun est un Eden ; j’ai vu des troncs d’arbres de trois, quatre, cinq mètres de diamètre, ce que je n’ai jamais vu dans ma vie ! Et toutes ces richesses partaient dans le bateau pour devenir du papier et d’autres choses pour être importées par le Bénin et l’Afrique. Si l’Afrique pouvait transformer ses bois, nous aurions tout pour l’école en matière de fournitures scolaires. Mais aujourd’hui, nous importons tout pour l’éducation. Tout pour l’éducation ! Moi, je suis au Canada, là où on fabrique des papiers. Mais c’est du bois plus de l’acide ! N’avons-nous pas de l’acide, n’avons-nous pas du bois ? Faisons des pâtes à papiers et transformons, nous pouvons le faire ! On nous avait arrachés bruts de notre continent et nous continuons d’envoyer tout brut encore ! Nous devons nous arrêter. Ceux qui étaient partis ont pu inventer des choses en Amérique. Et nous qui restons ici, nous devons modifier le cours de notre histoire.  

 

 

 

 

 

Ø  Le transport : Je voudrais attirer l’attention des Béninois sur les grands « oiseaux » qui atterrissent au Bénin ; ces « oiseaux »  s’appellent avions. J’ai compté, par semaine nous en avons au moins une dizaine qui vont vers l’Europe. Et c’est plein de Béninois, les Béninois sont nombreux dedans. Par vol vers l’Occident, c’est au moins cinq cent mille (500 000) FCFA l’aller/retour. Et c’est 250 à 350 places qu’il y a dans ces grands « oiseaux », si cinquante (50) sont pour les touristes, les trois cent (300) autres places sont pour les Béninois. Cela fait cent cinquante (150) millions par jour et par avion, et en une semaine ça fait combien, en un mois, en une année ?  Nous apportons plus de quarante (40) milliards de francs Cfa par an en matière de transport  à l’économie des autres.  Chaque fois que quelqu’un voyage, il envoie l’argent ailleurs. Et si nous pouvons nous arrêter un peu pour créer des entreprises dans ce secteur !  Nous entendre avec le Togo, le Nigéria, le Burkina, les pays ouest-africains et créer une compagnie aérienne ouest-africaine et retenir tout cet argent ! Nous pouvons le faire. Et comme nous sommes arrivés à mi-siècle, moi je pense qu’il faut  tout dire aux Africains maintenant pour qu’ils entendent quelque chose. On ne peut pas être sourd toute une vie, au moins, on saura faire des gestes !  Nous vidons le Bénin et l’Afrique de l’argent tous les jours par le transport.

 

 

 

 

 

Ø  La communication : En matière de communication, c’est plus que grave, nous envoyons beaucoup d’argent vers l’extérieur. Qui n’a pas téléphoné aujourd’hui ? Tout le monde a téléphoné. Savez-vous où vous avez envoyé l’argent ?  Ah !  vous pensez que l’argent est dans votre pays, l’argent est déjà parti. C’est comme ça. Normalement comme la communication est un secteur où on fait beaucoup de profit, c’est des capitaux locaux qui doivent tout faire pour garder ce secteur là ; mais non, ce ne sont que des capitaux étrangers, et nous en sommes fiers, nous acclamons, nous en sommes heureux ; nous sommes heureux de notre pauvreté. Pourquoi ?  En matière de communication, ce que nous sortons chaque jour, mes frères et sœurs, c’est beaucoup ; c’est beaucoup ! Chaque fois que nous appelons, chaque fois que nous téléphonons, nous envoyons beaucoup d’argent à l’extérieur. Vous pensez que les autres sont venus s’installer, s’asseoir dans notre pays pour notre beauté ?  Non !!!   C’est pour nous sucer, c’est pour partir avec tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons ! Mais nous en sommes ignorants. Les capitaux locaux doivent investir ce secteur; c’est pourquoi moi je proposerais une formule pour Bénin-Télécom S.A.  Moi je vis au Canada, et ils ont une formule très simple : donner le téléphone à chacun pour un forfait mensuel selon la couverture voulue par le client et il téléphone gratuitement à tous ceux qui sont dans sa zone choisie, soit le Québec pour un forfait de 30 dollars canadiens (15000 F Cfa environ). Il y a une formule pour le Canada entier et une autre pour toute l’Amérique du Nord. Nous pouvons le faire de même au Bénin et en Afrique. L’argent va rester ici au Bénin et nous allons vite nous développer en un rien de temps. En matière de communication, on peut faire beaucoup de choses, des secteurs privés peuvent s’y développer et créer beaucoup d’emplois.

 

 

 

 

 

Ø  L’énergie : D’où vient l’énergie électrique que nous consommons chaque jour ? Principalement de l’extérieur. L’argent sort du Bénin par l’énergie aussi.  Si vous passez sur les trois ponts à Cotonou, vous remarquez que l’eau se jette  dans la mer par là. Au moins, mettons-y une petite turbine pour alimenter le port de Cotonou ou la présidence ou le marché Dantokpa. Pourquoi laisser l’eau couler inutilement ? Un secteur privé béninois peut réfléchir sur ce projet et avec l’aide de l’Etat, il peut s’installer. C’est comme cela qu’on peut créer des entreprises et retenir l’argent du pays.  

 

 

 

 

 

Ø  Les intérêts et les bénéfices sur les capitaux étrangers : les gens pensent que les entreprises, les industries  étrangères qui s’installent chez nous sont pour nous. Non !   Mais bien sûr c’est pour créer quelques emplois. Cependant le gros lot  des bénéfices va où ? Hors du Bénin, tout part ! Les gens n’ont pas placé leur argent au Bénin pour nous regarder beaux, non !   Ces investissements sont faits pour arracher nos petits intérêts, vous ne le savez pas ?  Le Bénin s’appauvrit tous les jours.

 

 

 

 

 

Ø  Les remboursements des dettes et crédits

 

 

Il y a 15 ans le Président SOGLO a construit la route Cotonou-Bohicon, où est cette route aujourd’hui ? Il reste quelques lambeaux de cette voie bitumée il y a seulement 15 ans. Mais le Bénin a-t-il fini de rembourser cette dette ? Renseignez-vous pour le savoir. Nous devons recourir à un autre crédit pour refaire la route Cotonou-Bohicon. Une autre question : les grandes œuvres de notre pays, les grandes constructions, les échangeurs, les ponts etc. sont réalisés et se réalisent encore avec quel argent ? Avec des crédits en grande partie. Et il faut les rembourser, c’est cela la dépendance du cercle vicieux de la dette. Nous empruntons et nous consommons et nous empruntons. La dette s’agrandira toujours et notre économie s’appauvrira toujours. Ce qui est plus alarmant, nous faisons recours chaque année à des crédits pour nos budgets nationaux en Afrique, nous payons les travailleurs nationaux avec des crédits, cela traduit la non rentabilité de certains travailleurs qui n’apportent rien au pays mais qui vivent sur le dos du pays. Nous ne pourrons jamais nous développer avec un tel procédé.  

 

 

 

 

 

iii-  Le Bilan

 

 

Si les entrées sont si maigres et que surtout ce sont des crédits qui alimentent nos économies nationales et si les sorties sont si nombreuses et béantes, le bilan est d’office négatif et c’est pourquoi nous sommes toujours sous-développés.  Et il faut féliciter ceux qui nous dirigent, ils sont des champions, ils courent, ils courent pour aller chercher des crédits et versent dans cette jarre trouée et nous nous mettons à faire sortir en consommant les produits importés, tout sort et ils vont chercher encore pour y verser. Notre économie est trouée et piégée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

iv- Approches de solution

 

 

Pour le développement de l’économie nationale et même africaine, il faut créer des barrages au niveau de chaque trou, c’est-à-dire créer des entreprises pour répondre aux besoins qui se font sentir au niveau de chaque sortie d’argent du pays : c’est tout. Au niveau de ces dix canaux, créons des entreprises au niveau de ces trous et vous allez voir l’économie du Bénin et de l’Afrique va bomber et nous serons développés.

 

 

 

 

 

18- Rupture avec le sous-développement

 

 

Après 50 ans d’indépendance sans développement, nous sommes en droit de nous demander pourquoi nous ne sommes pas développés. La réponse est simple, le développement industriel d’un pays résulte de l’ambition de ses dirigeants et de ses citoyens à se valoriser et à produire, transformer et commercialiser des produits pour satisfaire leurs besoins et les exporter. Mais l’Afrique s’est engagée depuis la tutelle de ses colonisateurs à s’humilier, à se minoriser et à exporter ses matières premières que les autres transforment pour revenir lui vendre et elle en consomme avec gloutonnerie pour sa dépendance aliénante et mortelle. Tous les pays africains sont dans cette politique de sous-développement. Rompons avec cette politique pour que nos générations montantes et futures soient fières de nous et heureuses d’être africains. Ne trahissons pas la mission de notre génération qui est le développement contre vents et marrées.

 

 

En effet, avec près de la moitié de la richesse du monde, je refuse que nous soyons pauvres et surtout :

 

 

v  réduits à consommer que les produits des autres ;

 

 

v  dépendants de l’aide des autres ;

 

 

v  condamnés à drainer toute notre économie vers l’extérieur car en vendant que de matières premières et en consommant les produits finis (manufacturés) de l’extérieur, nous vidons l’Afrique de son économie et nous dopons l’économie de l’extérieur ;

 

 

v  inscrits dans la logique du sous-développement qui s’explique par « A nous vos matières premières, et à vous nos produits manufacturés » (TOHOU Victorin).

 

 

Après 50 ans (1/2 siècle) d’indépendance, nous devons marquer un "ARRET"  pour évaluer le pourquoi de notre état de sous-développement.  Pourquoi un continent qui est un scandale de richesses reste pauvre, dépendant, malade, mendiant, consommateur, etc. ?  Simplement parce qu’il n’est pas inscrit dans la logique du développement industriel qui est égal à production + transformation + commercialisation. Une telle émergence industrielle implique des acteurs indispensables qui se retrouvent dans le détail de l’équation : Développement industriel = (Contexte + Etat) (Chercheurs, Inventeurs, Entrepreneurs,  Bailleurs, Consommateurs). Partant de la situation générale de l’Afrique après un demi-siècle d’indépendance « dépendante » (Prof. Honorat AGUESSY), je nous appelle à la RUPTURE avec cette logique de pauvreté pour un engagement  résolu de développement industriel de notre continent.

 

 

Demandons-nous pourquoi nous sommes en retard pour notre développement ? Simplement parce que nous voulons que les autres nous développent, que les autres soient les acteurs et les bailleurs de notre développement. Mes frères et sœurs, nous nous sommes trompés ! Nous devons être les acteurs et les bailleurs de notre développement, de notre industrialisation, l’historien Ki-Zerbo l’a dit : «  on ne développe pas, on se développe ». Chaque jour que Dieu fait, nous avons des besoins, nous devons utiliser beaucoup de choses pour notre alimentation, pour notre santé, pour notre habillement, pour notre logement, pour notre éducation, pour  notre déplacement, pour l’énergie, etc. Nous avons beaucoup de besoins qui sont le lot des problèmes de tous les jours et les solutions nous entourent. Mais d’où viennent ces solutions ? Les solutions viennent d’ailleurs et nous achetons ces choses en envoyant ainsi tout notre argent ailleurs et c’est pourquoi nous ne progressons pas. Nous devons produire les solutions à nos problèmes, c’es-à-dire satisfaire la plupart de nos besoins. Nous devons produire et transformer nos matières pour jouir de nos besoins. Nous pouvons modifier le cours de  notre histoire, nous devons le modifier. Nous pouvons faire de grandes choses. Ensemble nous serons capables de développer notre pays, nous devons être les acteurs et les bailleurs de notre développement industriel. Sortons de nos illusions, aucun bailleur ne nous aidera à transformer nos matières premières car cela ne l'avantagera pas, le développement industriel reste toujours un acte révolutionnaire pour sortir de la dépendance des autres et pour peser aussi un poids dans la balance du monde. Les 50 ans d'indépendance sans développement industriel ont ruiné l'Afrique qui n'a fait que brader ses richesses pour aggraver sa situation de pauvreté, de dépendance. Rompons avec cette logique d'aliénation pour financer et transformer nos ressources et d'ici un quart de siècle, nous allons changer l'Afrique. Nous en sommes capables. Ayons honte de notre situation. Posons-nous des questions: pourquoi produire du coton, la meilleure qualité au monde, et porter des friperies (les dessous usés  des autres, les habits usés des autres) ? Serons-nous d'accord de produire du maïs et d’en consommer le son? Pourquoi avoir des mines de richesses et les vendre brutes?

 

 

Oh ! Mes chers frères et sœurs ! Nous pouvons créer de grandes industries dans notre pays : des industries agroalimentaires pour transformer nos fruits et nos productions agricoles ; des industries pharmaceutiques pour produire des médicaments à partir de nos plantes médicinales et des génériques ; des industries céramiques pour produire des carreaux, des faïences, des ustensiles de toilettes ;  des industries  textiles pour transformer notre coton en pagne,  en wax, en différents tissus ;  des industries pour produire ce dont nous avons besoin, etc. Nous allons produire tout au Bénin et nous serons étonnés de notre progrès, nous allons produire la plupart de nos besoins et nous pouvons créer des entreprises agricoles  partout en amont pour produire, pour faire tourner les industries. Nous allons mettre en valeur nos ressources, nous allons envahir le monde comme la France, la Chine, les USA. Quittons les distractions pour aller dans une politique de développement axée sur la recherche de solutions aux problèmes socio-économiques des Béninoises et des Béninois. Nous allons bâtir la nation et nous aurons une nation forte et puissante, une nation qui aura un poids, et qui sera une référence dans le monde entier. Unissons-nous donc autour des valeurs de développement et nous pouvons régler tous nos problèmes quels que soient leur nombre et leur nature.

 

 

En vérité si nous ne rompons pas avec les logiques du sous-développement et nous bouclons les cent ans d'indépendance, nos générations futures regretteront l'indépendance et leur situation sera pire. Ne laissons pas les gens dire de nous que nous sommes des  incapables, que nous sommes des lâches, que les Noirs sont des incapables, non  nous sommes des gens capables de grandes choses, capables de transformer l'Afrique en un nouvel eldorado d'emplois au monde. Nous en sommes capables, osons agir et les résultats témoigneront du succès de notre choix, nous ferons du Bénin le laboratoire du développement de l'Afrique et des pays pauvres. Agissons pour modifier collectivement le cours de l'histoire du Bénin en particulier et de l'Afrique en général.

 

 

Si nous sommes notre problème, nous devons savoir que la solution n’est pas ailleurs, la solution c’est nous,  ce sera nous et toujours nous. Soyons la solution à nos problèmes et nous pourrons alors modifier le cours de notre tragique histoire, l’histoire du Bénin, l’histoire de l’Afrique.  Nous allons modifier positivement le cours de notre histoire. Nous allons sortir du bourbier du sous-développement, de la pauvreté, de la dépendance. Engageons-nous, rompons avec cette politique de sous-développement. Allons maintenant au développement et nous en serons heureux, nos futures générations en seront heureuses.

 

 

Nous devons rompre avec une habitude trompeuse, penser nos problèmes que sous l’angle politique,  nos problèmes sont économiques et politiques. Les facteurs politiques influencent sérieusement l’économie, mais nous savons tous que nos problèmes politiques ont connu le début de leurs  solutions depuis la conférence nationale il y a 20 ans. Nos problèmes réels et récurrents sont d’ordre politico-économique d’où les solutions doivent provenir de l’application des stratégies politico-économiques. La majorité de nos populations est pauvre, nous sommes pauvres parce que nous avons choisi délibérément la politique de pauvreté, nous nous sommes laissés programmer à être pauvres, à être dépendants, à attendre qu’on nous aide, nous espérons que notre devenir meilleur viendra de l’extérieur. C’est faux !

 

 

On nous a dit que nous ne sommes rien, que nous n’avons rien, que nous ne pouvons rien et nous avons "bêtement" cru. C’est là notre erreur ! Chaque jour, nous sommes envahis par des propositions de solutions hypothétiques à nos problèmes,  depuis notre réveil le matin  à notre coucher le soir, nous ne produisons pas ce que nous consommons dans tous les domaines, nous n’avons pas le souci de transformer nos ressources pour satisfaire nos besoins permanents, ainsi nous n’avons rien qui soit propre à nous pour une commercialisation, nous nous sommes ainsi condamnés à commercialiser les produits des autres. Nous affirmons par là que notre génie est en sommeil. Nous ne nous sommes donc pas inscrits dans la logique du développement industriel qui part de la production et qui passe par la transformation des matières premières pour aboutir à la commercialisation des produits finis. Ainsi, nous nous sommes résolument engagés à être pauvres, dépendants, nécessiteux et pire à constituer une communauté de mendiants. Nous sommes inconsciemment dans un processus de précarisation, de banalisation de notre avenir, mais ce processus, savamment conçu pour nous et contre nous, est entretenu par une comédie internationalement organisée   et bien adoucie car soutenue par l’aide aux nécessiteux que nous sommes. L’aide qui ne nous libèrera jamais et qui nous bloque donc nous appauvrit. Quelle que soit l’aide, tout repart de nos pays, car elle nous sert à payer des produits finis fabriqués par ceux qui nous aident, ils récupèrent leur argent avec intérêt et notre situation s’aggrave de plus en plus car on nous enlève le peu que nous pensons avoir.

 

 

Marquons un "ARRET" et posons-nous les questions à savoir :

 

 

D’où venons-nous ?

 

 

Où sommes-nous ?

 

 

Où allons-nous ?

 

 

Nous venons de la période du pillage et de la déstabilisation de notre personnalité et de notre économie.

 

 

Nous sommes dans la paupérisation.

 

 

Nous allons dans la précarisation totale si nous persistons à demeurer dans la programmation coloniale à dépendre des autres.

 

 

La RUPTURE à laquelle je nous appelle doit être profonde et sérieuse.

 

 

Mes chers frères et sœurs, comme l’ont dit les Aînés, la plaine est sèche, notre étincelle suffit  pour l’embrasser, nous devons mettre définitivement un point final à ce processus qui précarisera les générations à venir. Nous devons rendre le plus grand nombre conscient du danger qui guette nos générations futures. Et comme l’a dit CHE GUEVARA : « Qu’importe là où la mort surprendra, pourvu qu’il y ait une main qui prenne l’arme que je laisse tomber ».

 

 

La RUPTURE pour le développement doit être totale et adoptée par tous les Africains pour un avenir meilleur. Toutes nos richesses n’auront de sens que quand nous sortirons de la domination du franc CFA pour battre une monnaie africaine comme le recommande le manifeste du cinquantenaire des indépendances.

 

 

19- RUPTURE AVEC LE FRANC CFA

 

 

Le puissant obstacle au développement réel des pays africains utilisateurs du Franc CFA (le Franc des Colonies Françaises d’Afrique) est simplement le Franc CFA. Tous ces pays restent encore des colonies françaises et n’ont aucune souveraineté monétaire. Ils vivent au gré de la France, ils enrichissent la France, mais comment ? Prenons par exemple la vente de Coton ou la vente de matières premières en général. Toutes ces matières premières se vendent sur le marché mondial en dollar américain, la France encaisse le total de ces devises, grossit son économie et rentre dans son imprimerie du FCFA et imprime la monnaie artificielle FCFA qui n’est échangeable nulle part. Le même FCFA varie d’une partie de l’Afrique à une autre, par exemple les pays de l’Afrique centrale utilisent autre FCFA bien différent de celui que nous utilisons en Afrique de l’ouest. Et c’est la même France qui imprime son CFA à chacun de ces pays africain dépendant d’elle. Une fois l’impression faite, le coli de FCFA est transmis au pays vendeur de la matière première via la banque centrale. Mais notons que la France retient plus du tiers du montant total sous prétexte qu’elle aurait besoin de cela pour donner de la valeur au FCFA. La France a le pouvoir de dévaluer à son gré ce FCFA. Ainsi la relation colonie et colonisateur est maintenue malgré les prétendues indépendances africaines vis-à-vis de la France. La souveraineté monétaire des pays africains de la zone FCFA est rigidement maintenue par la France qui peut les manipuler comme elle le veut et cela à tout moment. Les dirigeants africains et l’ensemble des intellectuels africains pèchent en gardant le silence sur cet esclavage monétaire de leur pays. Aucun Président africain de la zone FCFA n’a de pouvoir en face de la France, chacun a l’obligation de rester très docile et surtout très soumis. Je renvoie le lecteur à lire le livre de NICOLAS AGBOHOU intitulé LE FRANC CFA ET L’EURO CONTRE L’AFRIQUE. Ma conclusion est celle-ci : la maturité des Africains passera par deux ruptures majeures : la rupture d’avec le F CFA et la neutralisation des frontières imaginaires créées par les colonisateurs.  Les pays africains de la zone FCFA ne connaitront jamais, je répète jamais de développement tant qu’ils restent esclaves du FCFA. Nous serons toujours le rêveur du développement si nous persistons à laisser à la France notre souveraineté monétaire. En réalité la France n’a jamais forcé un pays africain à rester dans ce lien FCFA, c’est par manque d’audace que les dirigeants africains préfèrent rester esclaves que d’être libres. Nous allons voir GHANA émerger et nous allons le contempler. Notre situation de pauvreté ira de mal en pire au point où il arrivera un jour où nous regretterons l’indépendance des années 1960. Nous avons oublié qu’aucun pays ne se développe avec la monnaie d’un autre. Quelques questions doivent être posées aux grands économistes africains de la zone FCFA : Pourquoi vous laissez nos pays s’aliéner avec le FCFA ? Connaissez-vous réellement le FCFA ? A qui profite-il ? En êtes-vous fiers ?

 

 

 

 

 

20- RUPTURE AVEC TOUTES LES POLITIQUES D’AIDE ET DE DEPENDANCE

 

 

Le fléau qui tue l’Afrique et l’humilie est sa politique d’aide, la politique de la main tendue. Quelqu’un a dit que l’Afrique est une chaîne de mains tendues, les fils tendent les mains aux parents, les parents à l’Etat, l’Etat aux bailleurs de fonds. L’Afrique est devenue après 50 ans d’indépendance le territoire où la mendicité est érigée en système de gestion politique. En toute chose, l’Afrique doit faire recours à ses partenaires financiers. Moi j’ai honte et je pense que la plupart des dignes fils et filles d’Afrique doivent éprouver le même sentiment de honte face à notre profession de mendiants. Nous agissons exactement comme des gens à qui on jette des miettes avec insultes et coups de bâtons sur la tête et ils continuent de tendre la main car ils ne sont pas capables de se prendre en charge. Le Panafricaniste SEKOU TOURE disait « l’aide qui n’aide pas à se débarrasser de l’aide n’est pas une aide » et THOMAS SANKARA ajoute « l’aide nous bloque et nous installe dans la dépendance ». Mais on dirait à nos jours que l’aide est si sucrée que personne ne veut s’en passer. Seulement le diabète, que l’aide sucrée cause, est l’enlisement dans le sous-développement. Ayons honte de notre dépendance mortelle. Comment peut-on dormir sur des mines d’or et tendre la main ? Comment peut-on être si riche et mendier ? Comment peut-on continuer à recevoir des gifles et des insultes de la part des donateurs et en être fier ? Madame la commissaire aux Droits de l’Homme, Emma BONINO, a déclaré dans une interview dans Libération du 22 septembre 1998  page 8 (AGBOHOU, 1999),

 

 

« Nous avons aujourd’hui des relations d’aide avec des Etats (africains) qui sont des mendiants sur la scène internationale, auxquels nous payons leurs écoles, leurs hôpitaux  et leurs infrastructures… Je pense que nous avons fait le deuil de la colonisation et du néocolonialisme. Qu’on cesse donc de s’abriter derrière une volonté d’indépendance qui n’est qu’une rhétorique (un discours). Il n’est pas acceptable  que ceux qui reçoivent notre aide soient uniquement des nationalistes sourcilleux lorsqu’il s’agit des normes  et valeurs universelles alors que les mêmes ne sont nullement gênés de nous imputer leurs budgets pour l’Education ou la santé. »   

 

 

L’Afrique doit mourir de honte si le sens de cette insulte est profondément saisi. Hélas comme des cochons, même si on nous jette les miettes à la figure, nous nous mettons à les avaler avec gloutonnerie malgré les gifles ou les insultes. Mais arrêtons-nous, en réalité qui aide qui ? C’est l’Afrique qui est sucée et pompée chaque jour et on lui retourne des miettes accompagnées d’injures et d’arrogance sous prétexte qu’on l’aide et nous remercions avec inclinaison de tête notre bailleur. Nous sommes en réalité aveugles et sourds, nous sommes incapables de voir nos richesses, incapables d’entendre leurs bruits. A quand la fin de la dépendance de l’Afrique ? N’attendons plus un instant, rompons avec nos politiques d’aide et de dépendance et ouvrons nos yeux sur ce  qui fait notre richesse et mettons-la en valeur et nous serons les bailleurs des autres très prochainement. L’Afrique n’a pas besoin d’aide, elle a besoin de l’éveil du génie de ses fils patriotes et leur engagement à changer le cours de son histoire peu reluisante. Etes-vous conscient du drame que nous vivons chaque jour ? Moi je le suis et c’est pourquoi je suis engagé à lutter pour mon Afrique, c’est inacceptable pour moi d’être témoin de notre commune histoire et de rester sans action réelle et surtout tangible.

 

 

Les vingt ruptures auxquelles je vous convie bouillonnent dans mon cœur et je souhaite qu’il en soit de même pour chacun de vous mes lecteurs. J’ai beaucoup de choses à dire et à écrire encore, je le ferai tôt ou tard. Pour le moment réalisons ces vingt ruptures et les choses changeront fondamentalement et nos peuples en seront fiers. Ce dimanche 19 décembre 2010 que je suis entrain de compléter cette vingtième rupture, mon cœur est totalement triste pour les événements qui se déroulent en Côte d’ivoire. L’Afrique doit œuvrer à trouver des solutions à ses problèmes de crise. Nous n’avons pas besoin de l’influence de toutes les forces du monde pour résoudre nos problèmes. J’ai toujours horreur de la guerre car cette sale et ignoble besogne finit toujours par une rencontre de paix où les protagonistes se serrent les mains, s’embrassent et font la paix. Mais des pauvres citoyens ont déjà laissé leur peau. Pourquoi les deux camps ne peuvent pas être capables de  se rencontrer et s’entendent pour le bonheur de la Côte d’ivoire ? Mieux vaut la paix avec l’échec d’un candidat que la guerre avec la victoire des deux candidats. Dans le premier cas c’est la Côte d’ivoire qui aura gagné tandis que dans le second cas elle aura totalement perdu. Ce qui se passe ce jour en Côte d’ivoire me permet d’affirmer que c’est l’avenir de l’Afrique qui est en jeu. A QUAND L’AFRIQUE LIBRE ET CAPABLE DE CHOIX ? Aujourd’hui c’est la Côte d’ivoire qui brûle, demain ce sera quel pays africain ? Quand est-ce que nous serons mûrs, responsables et dignes ? L’Afrique brûle par des flammes politiques causées soit par la religion ou par des intérêts partisans. Les choses changeront à partir du jour où nous aimerons réellement notre Afrique souvent poignardées par des prédateurs externes et infestée et rongée de l’intérieur par des fils et des filles à la solde des colonisateurs et des néo-colonisateurs. C’est simplement indigne de notre part, Africaines et Africains. Je tiens à préciser que le génocide qui se prépare en Côte d’ivoire ne doit pas avoir lieu, Africaines et Africains, arrêtons ce massacre qui se prépare en douceur. Si jamais vous Présidents africains, Peuples africains de l’intérieur et de l’extérieur, si nous laissons le génocide se réaliser en Côte d’ivoire, nous serons considérés comme des lâches et des indignes par nos générations à  venir. Si nous sommes des Africains mûrs, nous devons tout faire pour éviter le génocide qui se prépare en Côte d’ivoire. Nous voulons donner une belle occasion aux vendeurs d’armes de faire de gros chiffres d’affaire. Par notre silence et notre démission, nous voulons embraser l’Afrique de l’Ouest pour nous enliser complètement dans la misère. Le scénario de guerre qui se prépare en Côte d’ivoire est contre l’Afrique et il faut le dire ouvertement. Je déclare que si nous laissons faire, nous avons certainement perdu l’humanité en nous. Le destin de l’Afrique dépend de nous et non de l’Occident. Mais nous ne pouvons pas faire le développement dans une ambiance de mésentente nationale. Et c’est pourquoi nous voudrons appeler les Béninois comme les Ivoiriens et les Africains en général à organiser une conférence nationale pour le développement afin de se créer dans une entente nationale une boussole pour le développement. Sans une telle vision prospective, nous serons dans un perpétuel recommencement et nous prendrons tardivement conscience de notre échec collectif de bâtir l’avenir de nos nations sur des modèles occidentaux, nous devons inventer notre voie de développement. Mais comme nos trois maux fondamentaux sont la myopie, la surdité et l’ignorance, nous mettrons du temps à prendre conscience. Cependant la jeunesse est en avance sur les aînés qui ont une vision obscurcie, je compte sur cette brave jeunesse béninoise, ivoirienne et africaine. La prise de conscience ne peut être collective que quand nous nous donnerons une occasion pour une entente nationale sur notre commun destin.

 

 

 

 

 

 

 

 



04/06/2011
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